29 octobre 2005

Ma première garde

Commentçons par parler un peu de ma première garde. Quel horreur d'entendre ce mot pour la première fois, GARDE. J'avais tout et rien entendu à propos de cette garde. Tout pour me faire peur en tout cas...

 

Cette première garde, je l'ai donc faite au SRAU (service de réanimation et d'accueil des urgences), un samedi soir de 18h30 à 8h30 le lendemain.

 

Je me sentais plus ou moins rassuré (après avoir passé ma journée aux toilettes...) de savoir qu'un externe plus âgé, et donc ayant plus l'habitude, serait avec moi. Quelle fut ma surprise en arrivant aux urgences de voir que cet autre externe n'était autre qu'un externe de ma promo, n'ayant donc jamais fait de garde non plus.

 

Et c'est là que tout devient très intéréssant. D'abord tout le personnell t'ignore (notamment les infirmières qui te montrent qu'elles préféreraient que tu ne sois pas là). Ensuite, tu finis par trouver une âme charitable qui a pitié de te voir errer dans les couloirs des urgences. "C'est toi l'externe de garde?", après une longue hésitation (car tu as très envie de dire non et de retourner dans les jupons de ta mère..), je réponds que oui. Il m'explique alors que je dois choisir entre le côté médecine et chirurgie. Je décide donc, avec l'accord de ma collègue, de choisir le côté chir.

 

Je suis donc pendant quelques minutes l'interne, qui finit par me dire que je dois voir les patients tout seul, je dois les examiner, prescrire les bons de radio, proposer un diagnostic et les présenter aux médecins ("tout ça? je suis qu'en 4ème année moi...").

 

Je prends alors mon courage à deux mains et rentre dans le premier box:
  "-Bonjour, je suis l'externe de garde (quelle bonheur de dire ça en même temps), je vais vous examiner avant que vous voyiez le médecin.
    - Bonjour Monsieur, d'accord (répond le patent d'un air aussi rassuré que le mien)".
Je commence donc à faire mon examen clinique sur un patient agressé par 4 personnes (pour rien d'après lui). J'observe quelques contusions et hématomes, pas de fractures apparentes. Enfin rien de grave quoi, juste une plaie du front pas belle à voir. Je prescris mes radios (on sait jamais, des fois qu'il ait un truc).

 

20 minutes plus tard, les radios reviennent. Pas de lésions apparentes, rien de spécial. Fière de moi, je présente le patient au médecin qui me pose alors la question qui tue "et au niveau neurologique, c bon?". Je deviens alors tout pâle, je n'ai pas fait d'examen neuro sur un traumatisme cranien. Je me mets dans mes petits souliers de peur de prendre une bonne soufflante de la part du doc, mais avec chance rien... Mais c'est là que le pire arrive:
    "- Tu as déjà suturé?
     - Oui, une fois sur une compresse (quel entrainement!...)
     - Eh bien tu vas suturer le Monsieur".
Pardon? J'ai mal entendu? Apparament non. L'interne me voyant à la limite du malaise (la peur de faire mal), me dis alors qu'il restera avec moi au cas où... OUF.....

 

Je commence alors à préparer mon plateau, désinfecte la plaie, anesthésie la plaie, mets mon champ stérile. Je fais mon premier point, tout se passe bien. J'entame le deuxième.. et là le patient se met à hurler (lanesthésie n'a pas fait effet!!!...). Le patient me jette alors un regard plus que méchant (il aurait pu me fusiler il l'aurait fait...). Je me confonds en excuse et réinjecte une bonne dose d'anesthésiant. J'attends 5 minutes. Je recommence et le patient se met à hurler... L'interne s'énerve alors et lui dit qu'il faut arreter de faire l'enfant... Qu'il faut supporter et que celà ne durera pas longtemps.

 

Mes mains commencent vraiment à trembler, je prends mon mal en patience, et je finis ma suture. Très belle suture d'après l'interne. Je prie le patient de m'excuser de l'avoir fait souffrir si longtemps et sort du box (mon cauchemar est enfin terminé).

 

Ainsi se passe toute la nuit, entre petits bobos, agressions, patiensts ivres en isolement insultant toutes les personnes qui passent, la police ammenant des individus pour dépistage de prise de stupéfiant...

 

Enfin 8h30 arrive. les nouveaux externes sont là. Le médecin et l'interne me remercient de ce que j'ai fait (Qui ça? Moi?!?....). Je pose ma blouche (soi disant garante de notre savoir), je sors des urgences et allume une cigarette.

 

Malgré cette première garde pas facile, je suis content de l'avoir fait. Malgré les agressions verbales de certains patients, je me dis que finalement c'est quand même le plus beau métier du monde.

Posté par chatdoc à 14:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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